Midi.
Dans le silence du sous-bois, un homme recouvre de terre le cercueil du père. Puis il s’écarte. Debout, immobiles, Nathan, Édith et Alex. Plus loin, Pierre et Julienne. Légèrement en retrait, Élisa. Nathan sort un papier de sa poche, et lit à haute voix.
NATHAN. – « Lorsque ma mère est morte, j’avais six ans. Elle montait l’escalier avec sa valise et je me souviens de la valise qui dérape sur les dalles de pierre. Lorsque mon père a disparu, j’avais onze ans et c’était la guerre… Je me trouvais seul au monde, si seul et si soudain éveillé que le Diable me visita… Je l’accueillis comme un renfort stratégique, un rempart de château fort où je m’éclipsais à l’abri des meurtrières1. De ce jour, et pour l’éternité, je sortis en vie, de la tête aux pieds bordé d’épines, impeccable et glacé. À mon fils imaginaire, j’ai donné pour nom Nathan. Pour toi Nathan, mon prodigieux éclat, fasse le ciel que je ne meure pas trop tôt. Simon Weinberg, 1928. » Papa avait 20 ans. Noir.
note:
Conversations àpres un enterrement, Yasmina Reza (1983/1984)
(Papiers, Christian Dupeyron édituer libraire, 1986?), 63 pagg.
in lingua originale (francese)
23 maggio 2020
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